Belém : la cité des manguiers

 

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Belém : la cité des manguiers

Après un séjour riche dans le Nordeste du Brésil, on met le cap sur l’Amazonie. En chemin, nous nous arrêtons d’abord à Belém, histoire de découvrir cette ancienne cité du caoutchouc. Le séjour a été agréable, mais avec un sentiment de « on s’attendait à mieux ». Certes, la ville est charmante, mais elle aurait bien besoin d’un coup de lifting notamment dans la vieille ville.

Un trait d’histoire sur Belém

Située sur un bras provenant des fleuves Para et Tocantins, à l’embouchure de l’Amazone, Belém est une ville historique qui semble s’être figé dans le temps. Bien qu’elle abrite la deuxième plus grande agglomération de la région Nord du Brésil, après Manaus, l’ambiance y est très calme. C’est vrai que dans le Nordeste et le Sudeste, on était habitué aux soirées toujours très animées alors le contraste est saisissant. C’est peut-être aussi le signe qu’on entre dans un nouveau territoire, loin du farniente : l’Amazonie.

Pour en revenir à son histoire, Belém a été fondée en 1616 par les Portugais. Elle est considérée comme la première colonie européenne à avoir été érigée sur l’Amazone. D’ailleurs, elle n’a été rattachée à la nation brésilienne que 100 ans plus tard, en 1715.

Avant l’arrivée des Portugais, la région était habitée par les Indiens Tupinambas. Pendant de nombreuses décennies, la ville a connu un développement très lent. A la fin du 19e siècle toutefois, elle devient une cité prospère et même une puissance commerciale grâce à l’exploitation de caoutchouc. Très vite, d’autres étrangers y sont venus, gonflant ainsi la population. C’est au cours de cette période que la majorité des monuments et bâtiments ont été construits. Ces derniers sont aujourd’hui regroupés dans la vieille ville de Belém.

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Une fois que l’exploitation du caoutchouc a commencé à s’essouffler, la ville retombe dans l’anonymat et reste ainsi figé depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, l’activité principale de la population est la pêche.

Le tourisme, quant à lui, y est très peu développé alors que Belém a tout le potentiel pour développer ce secteur.

Que voir à Belém ?

Même si notre verdict a été « on s’attendait à mieux », Belém réserve quand même des monuments et lieux à découvrir. Parmi les incontournables, on cite :

Le marché Ver-o-Peso

Le marché Ver-o-Peso à Belém au Brésil

C’est l’endroit que j’ai le plus apprécié à Belém. C’est un grand marché abrité dans une sorte de hangar métallique flanqué de quatre tourelles. Pour admirer l’architecture du bâtiment, il vaut mieux aller sur le port. C’est, dit-on, le plus grand marché d’Amérique latine et il aurait été implanté là depuis le 17e siècle.

Une fois à l’intérieur, je retrouve l’ambiance chaleureuse et conviviale des Brésiliens. Ici, tout le monde semble se connaître et les étrangers sont les bienvenus. Tâchez d’apprendre quelques notions en langue portugaise pour pouvoir vous faire comprendre et tenir une discussion toujours très animée avec les locaux.

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Dans cet immense marché, on trouve de tout. Des poissons et fruits de mer fraîchement pêchés aux fruits et légumes, aux vêtements, aux articles artisanaux … Sur les étals, on retrouve des fruits assez rares, originaires de l’Amazonie et beaucoup de mangues. Je comprends pourquoi on la surnomme la cité des manguiers. Ce fruit pousse en grande quantité dans la région.

Certains étals se spécialisent, quant à eux, à la vente de plantes médicinales. Oui, on est bien en territoire amazonien.

Pour information, le nom « Ver-o-Peso » signifie « vérifier le poids ». La plupart des marchandises se vendent au kilo donc cela pourrait y faire référence.

Le château fort de Belém

Ce château domine de toute sa haute stature la baie de Guajara. Il domine également l’entrée du port. C’est l’un des plus anciens édifices de la ville puisque date de 1616, soit au cours de l’année où les Portugais sont arrivés sur place.

Il abrite actuellement un musée et un espace culturel. Le premier raconte l’histoire de la ville et comment le château a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises. Ce sont notamment les Indiens Tupinambas qui l’ont détruit les premiers, peu de temps après sa construction. Les Portugais ont toutefois résisté et ont reconstruit le bâtiment en en renforçant les protections. Avec le temps, il tomba en ruine régulièrement, mais a toujours été reconstruit.

Avant d’abriter un musée et un espace culturel, il a rempli diverses fonctions. Il a, par exemple, accueilli l’armée en 1920.

Faire un tour par ce château aide à comprendre le vécu des habitants et surtout, dans l’espace culturel, on peut, parfois assister à des représentations de théâtre et de spectacles de musique.

La cathédrale de Belém

La cathédrale de Belém

Cette Cathédrale est l’un des rares bâtiments qui a été rénové à Belém. Les autres sont tous assez délabrés. Cet édifice religieux a été construit au cours du 18e siècle et baptisé Cathédrale de la Sé. Elle arbore, aujourd’hui encore, sa façade blanche et ses tours jumelles qui font partie d’une architecture néoclassique et baroco-colonial. La dernière rénovation de la cathédrale remonte en 2007.

A l’intérieur, on découvre un superbe espace orné de décors raffinés. D’après un ami, qui a gentiment proposé de nous faire visiter sa ville, la cathédrale est, tous les ans, le point de départ de la procession du Cirio. Au cours de cette procession, la statue de la vierge est portée jusqu’à la basilique Nossa Senhora de Nazaré.

Le musée Cirio

Cet établissement a été fondé en 1986. Il se consacre entièrement à la dévotion populaire qui tourne autour de la célébration de Notre-Dame de Nazareth. Dans ses locaux, on découvre une dizaine de collections qui regroupent en tout, près de 2 000 pièces composées d’art sacré du 19e siècle et autres sculptures.

Le bosque Rodriguez Alvez

C’est une réserve écologique qui se situe au cœur de la ville. S’étendant sur une superficie de 15 ha, il n’est pas bien difficile à trouver. Dans ce sanctuaire, on découvre un superbe jardin d’orchidées, un lac ainsi que diverses espèces animales. Parmi la faune qui y vit, il y a des alligators, des saïmiris, des tortues et des perroquets. C’est un petit havre de paix où les familles aiment bien se promener le week-end.

Le musée Paraense Emilio Goeldi

Emilio Goeldi est un naturaliste Suisse qui a longtemps étudié la diversité biologique et socioculturelle de l’Amazonie. Dans cet établissement portant son nom, il regroupe le fruit de ses recherches et de ses travaux. Le musée se consacre à l’histoire naturelle et l’ethnographie. Outre le musée, l’espace compte un parc zoologique et un jardin botanique.

Le musée de l’Etat du Para

Vous ai-je dit que Belém est la capitale de l’Etat du Para ? Maintenant vous le savez et comprenez mieux pourquoi on parle sans cesse du Para. Ce musée a été fondé en 1981 et regroupe, en son sein, des photographies, des meubles, des peintures, divers accessoires … se référant tous à l’histoire de cet Etat fédéré du Brésil. C’est aussi un lieu où on peut se documenter sur l’histoire de la ville et du pays.

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L’espace São José Liberto

São José Liberto est un artisan qui met à l’honneur l’art, la culture et le patrimoine de sa ville. Dans cet espace ouvert au public, on découvre une boutique d’orfèvrerie, le jardin de la Liberté, la Maison de l’Artisan et le musée des pierres précieuses du Para. Ce dernier expose des tourmalines, des améthystes, mais aussi des diamants. La pièce phare du musée est l’imposant druze de quartz de 2.5 tonnes qui y est exposé. Toutes ces pierres sont issues de la région.

Le musée d’Art de Belém

Un peu plus de 1 500 œuvres sont rassemblées dans ce musée. Cet ensemble compte des peintures, des porcelaines, des dessins, des photographies … Il met en avant quelques artistes comme Fernandes Machado, Benedito Calixto ou encore Antonio Parreiras. A part les œuvres exposées, le lieu compte aussi un auditorium et une bibliothèque.

La casa das Onze janelas

Littéralement, son appellation signifie « la maison aux 11 fenêtres ». Elle se situe derrière le fort de Presépio, lequel abrite un petit musée dirigé par la Marine brésilienne. Ce fort, érigé en 1616, domine la baie avec ses canons. Il est également l’un des rares édifices à avoir été rénové dans la ville.

Pour en revenir à la Casa das Onze janelas, elle accueillait autrefois un hôpital militaire, mais abrite aujourd’hui une galerie d’art et un restaurant.

Le palais du Gouverneur

Il abrite aussi un musée qui fait découvrir le standing de vie de la bourgeoisie durant la belle époque du caoutchouc.

La Praça da Republica

C’est le cœur de la ville, là où tout le monde se donne rendez-vous surtout pendant le week-end. Aux alentours de cette place arborée, on retrouve quelques bâtiments à découvrir dont le Teatro da paz. C’est l’un des plus beaux théâtres du Brésil. Il a été construit au cours du 19e siècle et continue de donner des représentations jusqu’à aujourd’hui. Il est tout de même conseillé de consulter le programme à l’avance pour voir si des pièces sont prévues pour bientôt.

Le quartier Comércio

Ce quartier commercial se situe entre le marché Ver-o-Peso et la Praça da Republica. Tout au long de ses rues, vous découvrirez des magasins et des échoppes.

Et puisqu’on parle de magasins, n’oubliez pas de faire un tour au magasin « Paris N’America ». C’est aujourd’hui un magasin de tissus réputé de la ville. Durant la riche époque du caoutchouc, c’est là que les femmes de la haute bourgeoisie se rendaient pour découvrir les nouvelles tenues spécialement importées de Paris. Les présentations se faisaient à coup de petits défilés de mode durant lesquels des mannequins présentaient les nouveaux modèles. Le magasin conserve toujours son architecture raffinée avec ses luminaires et son immense escalier en fer forgé.

Le port

Si le reste de la ville est toujours assez calme, le port, lui est toujours très animé. Autrefois port industrieux prospère, aujourd’hui, ce dernier n’accueille plus que les bateaux de pêcheurs et les embarcations proposant des croisières sur l’Amazone.

Que faire à Belém ?

Que faire à Belém ?

Même si Belém compte quand même pas mal de lieux à découvrir, elle est très calme par rapport aux très dynamiques villes de Rio ou de Salvador. Dès que le soleil commence à décliner, les commerces ferment leurs portes et tout le monde rentre chez soi.

Pour ceux qui veulent trouver un peu d’animation en soirée, il n’y a qu’une seule adresse : la Estaçao das Docas. C’est un immense centre de loisir où on trouve des restaurants, des bars, des expositions, des concerts, des boutiques et une salle de cinéma. Le tout est regroupé dans une série d’entrepôts datant du 19e siècle. Ce lieu fait face au fleuve et a été récemment rénové.

Dans le cas où vous êtes en quête d’autres activités à faire à part la visite de la ville, pourquoi ne pas vous offrir une croisière sur l’Amazone. Sachez qu’on compte plus de 50 îlots à l’embouchure de l’Amazone. Certains sont inhabités et proposent des plages fluviales.

Parmi les îles à découvrir, il y a l’île aux perroquets. Pour les voir, il faut se lever à l’aube, car ces oiseaux quittent leur nid au lever du soleil. Pour information : saviez-vous que ces oiseaux sont monogames ? D’ailleurs, durant leur envol ou dans les hauteurs des arbres, on les retrouve souvent en couple.

Si vous vous trouvez encore à Belém un dimanche et que vous vous ennuyez, dirigez vos pas vers l’embouchure du fleuve. C’est là que vont les locaux pour se baigner dans le fleuve et déjeuner dans les restaurants sur pilotis. Ces derniers servent une cuisine locale savoureuse. Parmi les plats emblématiques de la région, il y a le tacaca. C’est une soupe composée de tucupi, de jambu de tapioca à l’ail et de crevettes. La soupe se déguste chaude et offre une saveur particulière en bouche. Le tucupi est une sorte de sauce à base de manioc tandis que le jambu est une plante aux effets anesthésiants.

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