Cerro Mercedario : ascension du 8e plus haut sommet de la cordillère des Andes

Publié le: 18-01-2019

Voyage en Argentine | Argentine | |

(Mis à jour le: 27/02/2019)
Cerro Mercedario : ascension du 8e plus haut sommet de la cordillère des Andes
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Le Cerro Mercedario est le 8e plus haut sommet des Andes et le plus haut sommet de la cordillère de la Ramada. Il se trouve en Argentine, dans la province de San Juan. Il a pour voisin, le plus haut sommet d’Amérique du Sud à savoir l’Aconcagua. Seule une centaine de mètres sépare ces deux géants du continent sud-américain, géants que je vous recommande fortement de découvrir en grimpant jusqu’à leurs sommets. Ainsi, après avoir grimpé l’Aconcagua, je me suis lancé dans l’ascension du Mercedario. Je me disais alors qu’étant moins haut que son voisin, son ascension sera plus facile, mais je me trompais …

Mieux connaître le Cerro Mercedario

Cerro Mercedario 

On dit souvent que le point culminant du Cerro Mercedario trône à 6 770 m, mais le vrai chiffre est de 6 720 m. Même si sept autres sommets sud-américains la dépassent de quelques mètres, son ascension n’en reste pas moins difficile.

Sa première ascension date de 1934 et a été réalisée par Wiktor Ostrowksi et Adam Karpinski. Plusieurs années ce sont ensuite écoulées avant que d’autres n’arrivent à atteindre son sommet en essayant diverses voies d’approche. Ainsi,

  • En 1968, des alpinistes Japonais réussissent à le gravir en empruntant la face sud de la montagne
  • En 1971, des alpinistes Autrichiens l’escaladent en empruntant la face nord
  • En 1972, des alpinistes Italiens réussissent à le gravir en empruntant la « voie normale » et découvrent, au cours de cette aventure des vestiges incas situés juste en dessous du sommet
  • En janvier 1975, d’autres alpinistes Italiens l’escaladent par la face est
  • En 1983, une expédition provenant de la ville de Gorizia en Italie se lance par la crête sud-ouest, la voie la plus difficile pour accéder au sommet et l’une des voies qui posent encore divers problèmes en matière d’alpinisme dans les Andes. Malgré la difficulté que pose ce chemin, l’expédition atteint le sommet du mont le 27 janvier de cette année

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Escalader le Cerro Mercedario : ce qui vous y attend

Dès l’évocation de ce trek sur le Cerro Mercedario, mes hôtes Argentins me disent qu’en termes de difficulté, le niveau est moyen, mais qu’il faut beaucoup s’acclimater pour ne pas souffrir des hauteurs. Ils décident d’ailleurs de m’accompagner même si j’ai déjà contacté une agence spécialisée pour m’envoyer un guide. A plusieurs, l’aventure ne serait que meilleure.

Nous passons alors quelques jours à Mendoza histoire de compléter nos matériels et nos provisions. Nous en profitons également pour visiter la ville et participer aux soirées festives des habitants. Le dernier jour passé à Mendoza est réservé au repos, car le lendemain, il nous faut partir tôt pour atteindre la province de San Juan.

De San Juan, nous nous rendons ensuite dans le village de Barreal qui, à ma grande surprise, est très fréquenté par les touristes. Cette affluence touristique est surtout dû au fait que ce village est la dernière escale moderne avant de se lancer à la conquête de l’Aconcagua et du Mercedario. Le village se situe à environ deux heures de route de San Juan.

Après une nuit passée à Barreal, la 4 x 4 de l’agence passe nous prendre à l’hôtel pour mettre le cap vers le Cerro Mercedario. Sur le chemin, nous faisons une petite halte à Santa Ana. Il ne s’agit pas d’un autre village de la région, mais plutôt d’un poste de gendarmerie où on ne trouve finalement que cinq gendarmes. Ces derniers sont plutôt bien logés, mais à force d’y rester pendant un mois, ils finissent par s’ennuyer. Nous prenons alors le temps de déjeuner avec eux, mais déclinons gentiment leur invitation à y passer la nuit tant nous sommes pressés de commencer l’aventure.

Après le déjeuner, nous reprenons la route pour atteindre le lieu-dit « El Molle ». C’est là que la 4 x 4 nous dépose et viendra nous chercher dans quelques jours. Sans cette halte à Santa Ana, trois heures auraient suffi pour arriver à El Molle.

Ce site signe notre vrai départ pour ce trek andin. Au-delà de ce camp de base, il nous reste quatre autres camps sur le chemin pour nous reposer et nous acclimater. Comme nous y arrivons au milieu de l’après-midi, nous décidons d’y rester pour la nuit afin de reprendre des forces pour le lendemain.

  • Escale n°1 : Laguna à 3 100 m d’altitude

Le lendemain, nous nous offrons une petite grasse matinée pour quitter El Molle vers 9h du matin. Au bout de trois heures de marche le long d’un sentier assez visible, nous arrivons à Laguna. Le circuit nous mène à travers une vallée qui débouche finalement sur un plateau. Là, on aperçoit un lac peu profond, mais qui propose quand même une eau utilisable. Dans les environs, nous découvrons quelques bâtiments en ruine et décidons d’y déployer les tentes pour la nuit. Je me dis que le camp a été baptisé ainsi du fait de la présence de ce lac.

  • Escale n°2 : Cuesta Blanca à 4 300 m d’altitude

Le lendemain, nous quittons Laguna à 7 h du matin pour avancer doucement à notre rythme. De plus, nous nous sommes dit que si nous n’atteignons pas Cuesta Blanca en fin d’après-midi, nous camperons au camp de Guanaquitos qui se trouve à seulement deux heures de route de Laguna. Du fait de la promiscuité des deux camps, rares sont ceux qui décident d’y passer la nuit, mais il fait un bon plan B.

Cerro Mercedario argentine

Nous avançons alors doucement, le long d’une ancienne piste minière, pour que la transition d’une altitude à l’autre se fasse tranquillement et finalement, nous ne faisons qu’une simple halte à Guanaquitos. En effet, après ce site, il ne nous reste que deux heures de marche en plus pour atteindre Cuesta Blanca.

Après un déjeuner léger et le temps de nous reposer un peu, nous reprenons la route en remontant un vallon plein W qui commence par une pente douce pour laisser place à une portion plus raide qui nous mène directement sur le plateau de Cuesta Blanca. Là encore, nous trouvons un point d’eau pour faire cuire le dîner et faire un brin de toilette.

Cette fois-ci, nous décidons s’y camper pendant deux nuits, car l’acclimatation devient plus difficile et un de nos camarades se sent nauséeux. Nous ne voulons pas prendre de risque, donc préférons rester tranquille pour le lendemain. Je m’offre toutefois une petite visite des lieux sans trop m’éloigner.

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  • Escale n°3 : Pirca de indios à 5 200 m d’altitude

Du plateau de Cuesta Blanca, nous poursuivons notre route et d’emblée, une pente d’éboulis en plein W nous attend. Le circuit est très raide à certains niveaux et nous rencontrons quelques « penitentes », des formations de neiges formées par le vent, ici et là ce qui agrémente un peu le paysage.

Nous débouchons ensuite sur un plateau, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Une courte pause s’impose, mais au bout d’une demi-heure, nous avançons à nouveau sur une courte remontée en S. Cette portion de route achevée, nous arrivons enfin au camp de Pirca de indios.

Je me rends compte que nous avons dû déployer plus d’efforts pour cette portion de route, mais au final, nous l’avons fait en trois heures et quelques.

Sur le site, un petit glacier qui commence à fondre donne de l’eau potable donc on a la possibilité de s’y approvisionner et de boire à notre soif.

  • Escale n°4 : Ojada à 5 850 m d’altitude

Le lendemain, nous nous levons de bonne heure pour découvrir que le temps est couvert. Nous décidons alors de ne pas quitter le campement ce jour-ci, mais il nous faudra quand même le quitter demain et ce, que le temps soit levé ou non. Nous retournons vite dans nos tentes pour nous réchauffer et commençons à discuter pour tuer le temps. Vers midi, la météo finit par se calmer donc nous faisons une petite promenade de santé dans les environs pour découvrir les vestiges incas découverts à cette hauteur. Nous nous couchons tôt, car on avait hâte d’atteindre Ojada.

Nos craintes furent dissipées quand, le lendemain matin, nous vîmes qu’il faisait beau aujourd’hui. Nous nous hâtons de ranger nos affaires, car la météo est assez capricieuse sur ces hauteurs donc nous ne voulons pas de mauvaise surprise sur le chemin.

Au départ de Pirca de indios, nous empruntons alors un sentier qui mène sur un plateau où le vent souffle fort. Nous devons pourtant y camper, car après 4 h de marche, nous n’avons plus assez de temps pour atteindre le sommet et en revenir.

  • Le sommet du Cerro Mercedario :

Le dernier jour de l’ascension, nous quittons le camp à l’aube, car près de 6 à 8 h de marche nous attendent pour enfin atteindre le sommet de ce mont. Nous empruntons alors un nouveau sentier, arrivons à un autre site situé à 6 200 m d’altitude, mais qui est peu utilisé du fait de sa hauteur, atteignons le flanc de coteau puis longeons l’arête sommitale. Sur cette longue arête, nous découvrons quelques faux sommets pour finalement arriver au point culminant à 6 720 m d’altitude.

Vu nos difficultés à respirer, nous nous y arrêtons juste trente minutes le temps d’immortaliser ce nouveau challenge pour redescendre vers Ojada puis Pirca de indios.

Nous décidons de passer une dernière nuit sur ce site pour retourner à Barreal le lendemain.

Il faut souligner que d’autres vestiges incas se trouvent à 6 200 m d’altitude, mais nous n’avons pas eu le temps de les admirer.

 

 

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