Huascaran : ascension du plus haut sommet du Pérou

Publié le: 18-12-2018

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(Mis à jour le: 10/07/2019)
Huascaran : ascension du plus haut sommet du Pérou
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Je ne suis pas un professionnel du trek, mais face à un nouveau mont à gravir je ne dis pas non. Pourquoi ? Parce que j’aime grimper en hauteur et j’aime la sensation de liberté, d’espace et de challenge qu’impose le trek, à plus forte raison si le sommet à atteindre expose à un climat capricieux comme en Amérique du Sud. Sur le continent sud-américain, ma dernière expérience en date, en termes de trek, se nomme Huascaran.

Le Nevado Huascaran

Huascaran

Le mont Huascaran ou « Nevado Huascaran » est l’un des plus hauts sommets de l’Amérique du Sud et le plus haut sommet du Pérou. Le mont possède deux sommets :

  • Huascaran Sur qui s’élève à 6 768 m
  • Huascaran Norte qui s’élève à 6 655 m

Les deux sont séparés par le col de la Garganta. Ils sont enneigés à longueur d’année et d’ailleurs, le mot « Huascaran » signifie « enneigé ». Le mont fait partie de la Cordillère Blanche ou Cordillère occidentale des Andes.

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Le Parc National de Huascaran

Le Nevado Huascaran a donné naissance au Parc National de Huascaran que l’Unesco a décrété réserve de biosphère en 1977 et patrimoine naturel de l’humanité en 1985. Il est aussi considéré comme une zone importante pour la conservation des oiseaux. S’étendant autour du mont sur une superficie de 340 000 ha, le parc affiche un relief très accidenté allant de 2 500 m d’altitude jusqu’à 6 768 m d’altitude.

A part le Nevado Huascaran, le site abrite d’autres trésors que j’ai pu admirer à loisir une fois redescendu de la montagne. En effet, le 5e géant des Andes partage le territoire avec :

  • 663 glaciers, oui les vêtements chauds s’imposent surtout si vous comptez vous approcher de ces derniers
  • 262 lagunes superbes dont le Llanganuco, un lac exposant au regard émerveillé des visiteurs ses eaux turquoise cristallines bordées de glaciers vertigineux
  • 41 rivières, oui encore de l’eau
  • 27 montagnes certes moins hautes que le Huascaran, mais dont les sommets atteignent tous les 6 000 m d’altitude
  • Une faune exceptionnelle qui abrite plus de 112 espèces d’oiseaux dont le fameux Condor des Andes et plusieurs variétés de colibris. Et si vous avez l’esprit observateur, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir un chat des Andes dont la couleur se fond facilement avec les rochers de la région. L’apercevoir n’est pas donné à tout le monde, car non seulement il est doté d’un beau camouflage, mais en plus, son nombre baisse de plus en plus faisant de ce félin l’espèce animale la plus menacée d’Amérique. Mis à part oiseaux et le chat des Andes, on peut également y rencontrer des cerfs, des vigognes, le fameux ours à lunettes, des lamas, des alpagas, …
  • Une flore extraordinaire dont l’espèce la plus célèbre est sans nul doute la Puya raimondii. Dans le parc, vous en rencontrerez facilement, car cette dernière se démarque du lot avec sa hauteur de 10 m et ses milliers de fleurs. On dit effectivement que cette espèce peut contenir jusqu’à 3 000 fleurs et près de six millions de graines. Je confirme, elle est vraiment couverte de fleurs, mais pas eu le temps de les compter, tant il y en avait

Bref, même si vous ne comptez pas vous lancer à l’assaut du mont Huascaran, le parc au nom éponyme est absolument à visiter.

L’ascension du mont Huascaran

plus haut sommet du Pérou

Il est vrai qu’avec ses 6 768 m de haut, le Nevado Huascaran est des plus intimidants. Toutefois, son ascension n’est pas vraiment considérée comme « difficile », car le site abrite un excellent réseau de circuits de trek et d’alpinisme. Vous aurez le choix entre des chemins plus faciles, d’autres d’intensité moyenne et d’autres plus difficiles. Pour nous, ce sera le niveau moyen.

Dans tous les cas, vous ne pouvez vous lancer seul dans l’aventure, car la loi vous oblige à passer par une agence spécialisée et à vous faire accompagner d’un guide et ce, à juste titre. En effet, tout au long du chemin, l’expérience du guide vous permettra de progresser vite et en toute sécurité.

Pour ce qui est de l’ascension proprement dite, retrouvez ci-dessous la liste des différentes étapes  pars lesquelles vous devez passer :

  • Huaraz :

C’est une ville péruvienne située à environ 43 km de la Cordillère Blanche. Même si elle n’est pas le point de départ officiel pour l’ascension du mont, c’est la dernière étape où vous pouvez faire des provisions et acheter les derniers matériels qu’il vous manque avant de partir. Après Huaraz, vous n’aurez plus grand choix en matière de denrées alimentaires ou, au mieux, vous aurez à payer le prix fort.

Arrivés à Huaraz, nous prenons donc notre temps le temps de bien vérifier le matériel, acheter ce qu’il manque encore et surtout visiter la ville qui ne manque pas de charme. Nous y sommes restés deux jours et puis, cap sur le Nevado Huascaran … ou plutôt sur la prochaine étape.

  • Musho :

Non, il ne s’agit pas du petit dragon de Mulan, mais d’un petit village péruvien qui se situe à 3 120 m d’altitude. Nous l’atteignons en voiture, mais le véhicule motorisé n’ira pas plus loin. On le troque pour les ânes qui vont transporter nos bagages tout au long de l’ascension. Il faut dire que ces bêtes ont l’habitude de l’altitude, mais il ne faut tout de même pas les surcharger. On garde alors nos sacs à dos sur nous et mettons les victuailles sur le dos de l’animal.

Le village de Musho est le point de départ officiel pour l’ascension donc nous voilà parti pour gagner les grandes hauteurs.

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  • Camp de base d’Huascaran :

Au bout de quatre heures de marches, nous arrivons au camp de base pour l’ascension du Huascaran. Ce dernier trône à 4 360 m d’altitude. Nous décidons d’y passer la nuit pour nous acclimater à l’altitude. En effet, il ne faudrait pas que l’un de nous attrape le fameux « soroche » ou « mal aigu des montagnes », car cela signifierait un retour prématuré vers Musho. Je tiens à souligner que ce mal se traduit par une forte migraine accompagnée ou non de nausées et vomissements. Parfois, le mal ne s’arrête qu’une fois que la personne atteint l’altitude supportable par son organisme.

Maintenant ce terme éclairci, nous déployons nos tentes, préparons le dîner et admirons le beau coucher de soleil qui se profile à l’horizon. Sachez que de là où nous nous trouvons, nous avons une superbe vue sur la Cordillère noire et la vallée du Santa.

  • Camp n°1 :

Le campement suivant se situe à 4 900 m d’altitude soit un peu moins de 500 m de distance seulement, mais en montée, ce demi-kilomètre paraît vraiment plus loin qu’en circuit plat. Bref, nous arrivons épuisés et ne sommes pas au bout de nos forces, car pour pouvoir s’y installer, il faut creuser la neige de sorte à créer des plateformes. Nous finissons d’installer les tentes alors que la nuit est déjà tombée donc après un dîner rapide, au dodo.

  • Camp n°…1 :

Le lendemain, l’équipe semble s’être donné le mot pour faire une petite grasse matinée ce qui était une erreur fondamentale dont nous ne nous sommes aperçu que bien plus tard …

En effet, vers 10 h du matin, nous finissons par quitter le camp n°1 pour atteindre le camp n°2. Le problème c’est qu’entre les deux campements, il faut avancer prudemment et doucement, le glacier étant très crevassé. Après différentes tentatives pour trouver la bonne voie, le guide nous conseille de retourner au camp n°1 pour y repasser la nuit et de partir très tôt le lendemain pour le camp n°2.

Nous rebroussons donc chemin, déployons rapidement les tentes, car les plateformes du matin étaient encore là, dînons rapidement et hop, sous la couchette.

  • Camp n°2 :

Le lendemain 7 h du matin, nous sommes déjà en route pour le camp n°2. Grâce aux traces que nous avons laissées la veille, nous avançons assez vite, mais toujours avec prudence surtout que les ponts de neige à traverser se font de plus en plus nombreux indiquant la fragilité du sol que nous foulons. Il y a même eu des crevasses sans ponts que nous avons dû enjamber précautionneusement.

Avant d’arriver au camp, un énième obstacle à traverser : des séracs tombés récemment. Nous passons vite notre chemin et au bout d’une centaine de mètres, nous voici arrivés, mais pas encore reposés. Il faut encore remblayer le tout, installer les tentes, faire le dîner et enfin repos.

Ce deuxième camp se situe à 6 000 m d’altitude.

  • Sommet du mont Huascaran :

Après une nuit bien méritée, nous nous levons tôt pour nous préparer à la dernière ligne droite : atteindre le sommet à 6 768 m. C’est là que le mot « ascension » prend tout son sens, car il faut déployer plus d’efforts sur ces derniers 768 m et les piolets sont plus indispensables que jamais. Au bout d’environ 8 h d’ascension, nous finissons par arriver au sommet. Je ne vous raconte pas la joie et l’émerveillement face à la superbe vue que nous avons de là-haut. À perte de vue, c’est toute une succession de hauts sommets enneigés et de vide. Nous nous reposons environ deux heures avant de redescendre par le même chemin, mais la descente s’avère plus rapide.

En fin de journée, nous sommes déjà à Musho et décidons d’y rester pour la nuit. Le lendemain nous mettons le cap vers Huaraz avant de regagner la frénésie de la capitale péruvienne, Lima.

 

 

 

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