Nevado Tres Cruces : un géant des Andes à explorer

Publié le: 21-12-2018

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(Mis à jour le: 27/02/2019)
Nevado Tres Cruces : un géant des Andes à explorer
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Après un séjour riche en aventure en Argentine, me voilà lancé vers le Chili, ce pays du sud-ouest de l’Amérique du Sud qui descend à la verticale jusqu’à sa pointe sud. Il affiche effectivement une forme longiligne et semble très petit sur l’immensité du sous-continent et pourtant en y arrivant, je découvre de vastes espaces, de hautes montagnes, des paysages époustouflants bien comme je les aime, … Un autre site en particulier a fait que j’y ai guidé mes pas : le Nevado Tres Cruces qui se situe à cheval sur l’Argentine et le Chili. Pourquoi m’intrigue-t-il autant ? Parce que son nom ne cadre pas vraiment à ses « plus de trois sommets » et parce qu’il propose des treks inoubliables.

Ce qu’il faut savoir sur le Nevado Tres Cruces

Nevado Tres Cruces

Le Nevado Tres Cruces figure parmi les « Géants des Andes ». Il s’agit d’un stratovolcan situé entre l’Argentine, dans la province de Catamarca et le Chili, dans la région d’Atacama.

Il figure parmi les plus hauts sommets d’Amérique du Sud avec un point culminant atteignant les 6 749 m de hauteur.

Bien qu’il soit baptisé « Tres Cruces », le mont se compose, en réalité de six sommets tous hauts de plus de 6 000 m. Pourquoi lui a-t-on donné cette appellation dans ce cas ? Tout simplement parce qu’autrefois, avant son ascension, le mont était surtout connu et vu du côté de la Chili.et de cette partie-là, on ne peut apercevoir que trois hauts sommets. Les Chiliens l’ont donc baptisé « Tres Cruces » ignorant qu’il y en avait trois autres du côté argentin.

Ce n’est que plus tard qu’on a pu déterminer qu’il s’agissait, en réalité d’un vaste massif de six sommets. Mais comme à cette époque-là, son nom était déjà donné, personne n’a pensé à e changer.

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Un stratovolcan

Le Nevado Tres Cruces se situe à la quatrième place des plus hauts volcans au monde. Il fait partie d’une chaîne volcanique longue d’environ 50 km. La fameuse chaîne en question n’a pas de nom, mais ses sommets sont entièrement enneigés ce qui permet de trouver de quoi s’hydrater une fois en hauteur surtout que la région située plus bas est très aride.

En ce qui concerne ses activités volcaniques, on ne sait pas de quand date sa dernière éruption, mais on sait toutefois que c’est un volcan éteint ce qui est rassurant.

L’ascension du Nevado Tres Cruces

Andes

En règle générale, les ascensions partant à l’assaut de ce géant partent au départ de la ville de Copiapo au Chili, mais dans notre cas, le départ se fait depuis l’Argentine. Il faut dire que le Tres Cruces possède un versant argentin avec qui le Chili partage le point culminant du volcan. Ce n’est pas l’ascension proprement dite qui s’est faite au départ de l’Argentine, mais plutôt le point de départ en voiture vers le Chili.

Pourquoi ? Parce qu’avant d’entrer sur le territoire chilien, il faut quand même régulariser les papiers administratifs et obtenir une autorisation pour gravir ce mont inclut au sein du Parc National Nevado de Tres Cruces. Seul le versant chilien est inclus au sein de cette réserve.

Après environ 2 h de route depuis la ville de Fiambala en Argentine, nous voici arrivés au Chili et déjà, nous apercevons le Tres Cruces. Il nous faut quand même pénétrer sur un peu plus de 90 km dans le pays pour trouver les services des douanes sis à Maricunga avant de nous y rendre. Une fois les formalités faites, nous revenons sur nos pas et arrivons assez vite au parc.

  • Camp n°1 à 4 200 m d’altitude :

Nous continuons à rouler en 4 x 4 sur ce sol sablonneux jusqu’à 4 200 m d’altitude. Nous décidons d’y ériger notre premier campement pour nous acclimater et nous reposer avant l’ascension.

Avant de déployer la tente et parce qu’on est encore en début d’après-midi, nous faisons un peu de tourisme pour voir de vastes espaces au sol entièrement nu et des pierres tout autour de nous. Il semblerait bien que seules les pierres se plaisent dans cet univers très aride, car aucune trace de vie à l’horizon.

Il faut savoir que le désert d’Atacama au sein duquel se situe le parc figure parmi les sites les plus arides au monde. Heureusement, nous avons eu la bonne idée de faire le plein d’eau avant de commencer l’ascension, car tout autour de nous, tout n’est que sécheresse. Heureusement, la neige que nous apercevons sur les sommets du volcan nous promettent un peu d’eau donc d’ici là, on prend grandement soin de celle qu’il nous reste.

  • Camp n°2 à 3 700 m :

Quand on gravit un mont, le principe n’est pas de toujours gagner en hauteur, même si c’est le but général, mais de prendre son temps pour visiter les lieux. Sans cela, ce ne serait plus aussi drôle. Le lendemain, nous décidons alors de descendre de quelques mètres pour nous rendre à la Laguna Santa Rosa que l’on appelle aussi Salar. Ce site se situe à 3 700 m et nous avons bien fait de redescendre un peu, car un de nos fûts d’eau s’est accidentellement renversé. Grâce à la lagune, nous avons pu le remplir à nouveau.

À l’approche de la lagune, les paysages changent brutalement de l’univers aride au sein duquel nous avons dormi la nuit dernière. Ici, les couleurs sont de retour et surtout, la lagune aux eaux cristallines apporte un bien fou à nos yeux et à nos corps déshydratés. Encore plus superbe : les flamants roses qui se tiennent tout droit dans la lagune. Alors que certains dorment sur une patte, les autres plongent la tête dans l’eau pour y trouver quelques spécimens à se mettre dans le bec.

À une telle altitude et surtout, dans cet environnement désertique, voir ces oiseaux est un peu bizarre, mais cela fait du bien. Nous décidons d’y camper pour ce dernier jour avant de remonter doucement au cours des prochains jours.

  • Camp n°3 à 4 325 m d’altitude :

Après une nuit dans cet endroit magique, nous décidons de continuer l’ascension en nous dirigeant vers la laguna verde. Celle-ci se situe à 4 325 m d’altitude et comme les points d’eau se font rares dans la région, nous décidons de nous y arrêter encore pour la nuit. La beauté des lieux est surtout la raison principale à cette décision, mais nous ménageons également nos forces, car avec l’altitude qui va croître, nous en aurons besoin.

  • Camps n°4 à 6 000 m d’altitude :

Le lendemain, nous nous levons tôt pour essayer d’atteindre le col entre le Tres Cruces Central et le Tres Cruces Sud. Ce col se situe à 6 000 m d’altitude donc aujourd’hui sera une grosse journée. Heureusement, le chemin n’est pas trop pentu et finalement, on atteint la zone en fin de journée.

Pour précision, du côté chilien, le mont se compose de trois hauts sommets, le Tres Cruces Nord, le Tres Cruces Central et le Tres Cruces Sud qui est le plus élevé d’entre eux. Ce sera donc notre principale cible.

En arrivant au niveau du col, il ne nous reste plus qu’environ 700 m à parcourir et enfin, nous serons au sommet de ce géant des Andes.

  • Camp n°5 à 6 629 m d’altitude :

Après une bonne nuit de sommeil au niveau du col, nous continuons notre lancée en partant de beau matin. L’ascension devient difficile avec le manque d’oxygène et le froid, mais nous tenons bon. Finalement, nous faisons une halte à 6 629 m d’altitude pour un petit encas et un café bien chaud. Au bout de quelques minutes, nous nous remettons en route et atteignons le sommet en milieu d’après-midi.

Tassé dans un coin, sous un monticule de roches, je découvre les traces laissées par les derniers grimpeurs et comme eux, nous laissons aussi quelques traces de notre passage.

Au bout d’une heure, nous redescendons pour atteindre la 4×4 en début de soirée. Nous nous remettons alors en route pour atteindre Copiapo.

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