Street art à Lima : une curiosité à part entière à ne pas manquer

Publié le: 07-05-2019

Voyage au Pérou | Pérou |

(Mis à jour le: 07/05/2019)
Street art à Lima : une curiosité à part entière à ne pas manquer
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A Lima, capitale du Pérou, le centre historique classé patrimoine mondial de l’Unesco n’est pas le seul attrait. Certes, c’est une zone incontournable lorsqu’on passe par cette ville, mais si je devais choisir entre ses sites incontournables, j’opterais sans hésiter pour le quartier de Barranco et son street art. Dès qu’on y met les pieds, l’ambiance un peu bohème se ressent d’emblée et les grandes fresques murales ornent presque tout le quartier. C’est un univers à part que je vous conseille vivement de découvrir et chers amis amateurs de belles photos, vous serez immédiatement séduits.

Barranco, entre luxe et ambiance de village

Barranco

S’étendant sur une superficie de 3, 33 km², le barrio de Barranco a été mon coup de foudre à Lima. Et en tant que coup de foudre, il m’est impossible d’expliquer clairement ce qui m’attire autant. Tout ce que je sais c’est que si je devais vivre définitivement dans la capitale du Pérou, c’est là que je poserais ma valise. Mais aussi fort qu’ait été le coup de foudre, j’aime encore plus ma liberté pour pouvoir voyager à mon guise donc se poser à Barranco attendra.

Le quartier est bordé par l’océan Pacifique et sa construction remonte au 19e siècle. A cette époque, il était un petit village de pêcheurs pour devenir un district connu sous le nom de San José de Surco. Sa capitale était à l’époque Ermita de Barranco.

Sa proximité avec la mer a poussé les autorités à y ériger un quartier destiné à l’aristocratie péruvienne et à le transformer en station balnéaire. Cela explique pourquoi on y découvre, aujourd’hui encore, de belles demeures coloniales dont l’élégance et le raffinement semble vivre en parfaite harmonie avec les petites maisons colorées des moins fortunés.

Je dirais que c’est cet ensemble un peu éclectique que j’aime dans ce quartier sans compter son ambiance bohème, romantique, festive et décontractée. Le barrio a beau être un quartier chic, ce n’est pas pour autant qu’il est guindé ou snob. C’est une parfaite fusion entre le chic et le populaire, deux facettes qui ont beaucoup de mal à coexister et pourtant … de cette union est née Barranco.

Barranco, un quartier du street art

Barranco perou

L’art prend un tout autre sens à Barranco. Alors que dans les autres villes péruviennes, on s’émerveille surtout devant les anciens sites mayas, à Barranco, l’art se traduit par le street art.
Vu l’ancienneté de la ville, cela semble invraisemblable et pourtant, tout autour de moi, tout n’est que graffiti et énormes fresques murales tantôt monochromes tantôt polychromes. Ce sont surtout les lignes qui forgent ces dessins qui m’étonnent, me séduisent, m’émerveillent, … bref, je suis conquis.

Pendant toute la semaine que j’y ai passée, j’ai visité et revisité bon nombre de fresques et j’avais toujours la chair de poule. Chaque œuvre transmet un message, souvent destiné aux politiciens, mais si les lignes en elles-mêmes m’ont séduit, deviner le message qu’elles véhiculent a été un casse-tête. J’ai d’ailleurs abandonné à comprendre et me suis résignée à les admirer, toutes belles les unes que les autres.

A Barranco, le street art se retrouve partout : sur les murs des immeubles, sur les murs des résidences privées, sur un wagon abandonné, sur les murs d’un bar, d’une galerie d’art, d’un restaurant, dans un tunnel, … Difficile de ne pas s’en approcher pour les admirer.
Pour ce quartier aux allures de village dans une ville chaotique, le street art est son principal patrimoine touristique. Vu leur grand nombre, on sait que cet art s’est développé assez tôt dans ce barrio, mais certaines fresques ont été supprimées par la mairie.

C’était en 2015 quand le maire de l’époque, Luis Castañeda Lossio a ordonné de recouvrir une soixantaine de fresques avec de la peinture jaune. La raison, on en a deux :

  • ces fresques n’étaient pas à la hauteur du statut de patrimoine mondial de l’Unesco de la ville de Lima. C’était la raison officielle pour calmer les esprits.
  • ces fresques exprimaient ouvertement des messages politiques. C’était la version officieuse que tous les habitants du quartier connaissaient et contre laquelle, ils se sont insurgés à travers l’humour. La colère était pourtant bien là et craignant les représailles de cette communauté très liée à ces fresques urbaines, le maire a lancé un concours de street art, mais selon des règles précises comme les emplacements des fresques. La compétition a été baptisée « Las Paredes Hablan » signifiant Les murs parlent.

Cette compétition a donné un renouveau au street art, car non seulement, les artistes se donnaient à fond pour gagner, mais en plus, ils y exprimaient leur héritage culturel. De nombreux projets ont été retenus pour donner un coup de jeune à quelques vieux murs décrépis et parmi eux, une quinzaine est toujours visible de nos jours.

Ces fresques géantes sont tellement ancrées dans l’image du quartier qu’un itinéraire a été établi sur Google Map pour ne pas en rater une.

Il faut souligner que les artistes Péruviens ne sont pas les seuls à avoir décoré leur quartier ainsi. Des artistes internationaux y ont également laissé leurs griffes. Et ici et là, les collectifs urbains sont aussi à l’origine d’un bon nombre de fresques. Oui, tout le monde a contribué à dessiner ces belles œuvres décoratives.

Du street art, mais aussi de l’art

street art Barranco

Pour baigner dans le cœur du street art de Lima, il faut ratisser ses rues et ruelles à pied. Ce n’est qu’ainsi que vous aurez la chance de découvrir quelques-unes d’entre elles, souvent réalisées dans des zones un peu en retrait.

Mais au-delà de l’art urbain, le quartier est également ouvert à toutes sortes d’art comme en témoignent les nombreuses galeries d’art qui y ont ouvert leurs portes. Ce qui m’a un peu étonné en les visitant, c’est que sur les toiles, je vois toujours du street art, mais enfermé dans des tableaux. L’idée a tout pour me séduire, car cela m’a permis de ramener un peu de Barranco dans mon home sweet home.

Barranco, la zone noctambule de Lima

Dans la journée, le quartier est déjà très animé, mais une fois le soleil couché, c’est une toute autre atmosphère qui survient. La première nuit, de ma chambre d’hôtel, je vois petit à petit les places se couvrir de monde. Au début, ce sont des groupes d’amis qui discutent, puis les groupes grossissent de plus en plus et je réalise que c’est le moment où les habitants se rencontrent dans une ambiance toute conviviale, presque familiale. C’était aussi un vendredi donc je me dis que c’est leur manière à eux pour décompresser avant d’attaquer le week-end. Sauf qu’à Barranco, les ambiances du vendredi soir durent toute la semaine.

Après avoir observé pendant encore une heure les groupes, je finis par me joindre à eux surtout que je remarque une tête connue. Commence alors une tournée des bars, une soirée de danse et de fête, des plats typiques et une bonne gueule de bois au réveil. Je ne regrette toutefois pas cette soirée à la péruvienne, mais les soirs suivants, je décide de rester sobre tout en sympathisant avec un maximum de monde.

Barranco, d’autres attraits à voir ?

ayacucho

Vous ai-je dit que Barranco était aussi un quartier romantique ? Son fameux Pont des soupirs en est la preuve palpable. La structure a été construite en 1876 et son inauguration a été planifiée le 14 février. Dans l’ensemble, c’est un pont en métal, pas vraiment romantique, mais lorsqu’on s’y attarde un peu et qu’à deux, on admire le paysage situé en bas, on découvre un jardin joliment aménagé. Romantique non ? Pour le côté pratique, le pont des soupirs permet de traverser le ravin entre les rues de la Ermita et d’Ayacucho.

Pour ceux qui n’ont pas le temps d’être romantique comme moi, à défaut de partenaire, mieux vaut orienter ses pas vers d’autres incontournables comme :

  • l’Eglise « la Ermita » : là au moins, on ne tient plus la chandelle et en plus, on y découvre une belle histoire. Selon la légende qui date du 17e siècle, des pêcheurs perdus dans l’épais brouillard du littoral appelé la « neblina » auraient erré pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’ils voient, au loin, une lumière scintillante qui leur a permis d’atteindre les rivages sains et saufs. Attirés par cette lumière, ils se rapprochèrent davantage et virent sur place une croix. Ils décidèrent alors d’en faire un lieu de pèlerinage et l’Eglise fut finalement construite.

En savoir plus sur l’histoire du pérou

  • la Bibliothèque municipale : rassurez-vous, je ne vais pas vous demander de bouquiner, ou juste un peu, car avant même d’entrer dans la salle des livres, on prend d’abord le temps de découvrir le parc qui abrite cet établissement. A travers ce vaste espace, je tombe sur le fameux Candélabre de Barbenini. Il s’agit d’une pièce originale qui date du 2e siècle et qui affiche toujours divers éléments de décor comme les feuilles d’acanthe. On y trouve aussi une sculpture représenta une Danaïde, une représentation de Vénus mettant en scène une nymphe de marbre reposant sur un miroir d’eau.

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