Expédition à 5300 m au Pérou, étudier l’adaptation du corps humain en haute altitude

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(Last Updated On: 30/11/2018)

Au Pérou, entre la fin du mois de janvier et les débuts du mois de février 2019. Une équipe de scientifiques internationale mènera une expédition à 5300 mètres d’altitude à Rinconada, la plus haute ville habitée du monde. Près de quatorze scientifiques français, italiens et péruviens partiront étudier, pendant plus d’un mois, la population de Rinconada au Pérou, à la découverte des limites de l’adaptation du corps humain dans les hautes altitudes.

Les 50 000 habitants vivant reculés à 5 300 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes, feront l’objet de plusieurs études, examens et observations permettant de comprendre leur faculté d’adaptation dans les conditions extrêmes où l’oxygène est deux fois inférieur à la « normal ».

L’objectif de l’expédition :

« Étudier les effets de la diminution de la quantité d’oxygène disponible sur la santé », a déclaré par Samuel Vergès, chercheur au laboratoire « hypoxie et physiopathologies »  à l’université de Grenoble-Alpes, Inserm, lors d’une conférence de presse tenue mardi 6 novembre.

Cette expédition fera partie de l’un des trois pivots de recherche de la « Chaire Altitude Montagne » qui étudie généralement les réactions de l’organisme humain une fois exposé aux hautes altitudes des montagnes.

La particularité des habitants de Rinconada  au Pérou :

Rinconada

50 % des personnes qui dépassent les 3000 mètres d’altitude souffrent d’hypoxie (manque d’oxygène) et du syndrome de « mal aigu des montagnes » provoquant nausées, vomissement, malaise, céphalées et vertiges. Parfois la situation peut s’aggraver et évoluer vers un œdème pulmonaire ou cérébral. Selon le chercheur Samuel Vergès,  5 à 20 % des personnes qui vivent dans les montagnes, à plus de 2500 mètres d’altitude, souffrent d’une pathologie singulière appelée « le mal chronique des montagnes »ou « maladie de Monge ».

Les habitants de la ville de Rinconada semblent, quant à eux, supporter plus ou moins ces conditions extrêmes. « Alors qu’il est généralement considéré que la vie humaine permanente n’est pas possible au-delà de 5.000 m, la population de La Rinconada constitue un véritable défi à la connaissance », a expliqué Samuel Vergès lors d’une conférence de presse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Toutefois, une partie des habitants de la plus haute ville du monde présente quelques difficultés de santé liées au manque d’oxygène. Un bon nombre de ces habitants développe les symptômes de la maladie de Monge. L’équipe scientifique et médicale tentera alors de les traiter.

Un nombre de globules rouges anormalement élevé !

Pour compenser l’hypoxie, « les habitants de la Rinconada produisent tellement de globules rouges qu’ils finissent par avoir le sang anormalement visqueux », « On ne comprend pas aujourd’hui comment des humains peuvent vivre avec de tels niveaux d’hématocrite, qui conduiraient aussitôt un Parisien aux urgences », a déclaré Samuel Vergès.

Ainsi, pendant plus de 30 jours et pour la première fois, une équipe de scientifiques et de médecins mènera une expédition qui va étudier les extraordinaires particularités des habitants de Rinconada.

Les scientifiques vont également réaliser un « phénotype génétique, biologique et cardiovasculaire » de la population de Rinconada.

L’importance de l’expédition 5300:

Le manque d’oxygène se retrouve en altitude, mais égalent dans de nombreuses maladies et pathologies respiratoires. Analyser les effets de l’hypoxie en altitude, c’est aussi mieux connaitre les effets du manque d’oxygène chez les patients.

L’analyse des résultats permettra, peut-être, de percer les mystères des mécanismes de défense du corps humain contre l’hypoxie. L’idée serait alors, d’imaginer et de mettre un plan qui permettra de soigner les maladies respiratoires, suites aux résultats de l’étude.

Un grand enjeu pour les habitants des hautes altitudes, mais également pour les personnes souffrantes de pathologies respiratoires chroniques !

Mission de reconnaissance pour préparer l’expédition :

Du 2 au 11 octobre et pour bien préparer l’expédition 5300, le chercheur Samuel Vergès, responsable du projet et Axel Pittet, chargé de la communication ont effectué une mission de reconnaissance sur place.

Ils ont alors préparé les conditions nécessaires au bon déroulement de l’expédition, ont mis en place les moyens de communication et ont organisé les déplacements dans la région.

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