Venezuela : les résultats de la présidentielle jugés frauduleux

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(Dernière mise à jour : 23/05/2018)

Dimanche 20 mai 2018, le Venezuela organise son élection présidentielle qui devrait, normalement se tenir au mois de décembre. Les élections ont toutefois été anticipées et ont bien eu lieu malgré les protestations que cela a soulevées. Et comme la majorité des Vénézuéliens le craignait, le président sortant, Nicolas Maduro a été réélu pour un nouveau mandat de six ans. Une nouvelle désormais contestée …

Nicolas Maduro a tiré le pays vers le bas

Quand Hugo Chavez a été réélu pour la troisième fois au pouvoir en 2012, il avait comme bras droit Nicolas Maduro. Quand le président meurt du cancer en 2013, il avait semblé normal que son dauphin le succède au pouvoir.

Ce dernier a toutefois, déçu assez rapidement la population et en 2014, de violentes manifestations ont eu lieu entraînant le décès de 43 personnes. Cela n’a pas empêché Maduro de restera au pouvoir et de tirer encore plus, le pays vers le bas.

En effet, d’année en année, la situation économique du Venezuela s’est dégradée et petit à petit, le président instaurait une dictature voilée par une démocratie factice. Et comme tout bon dictateur du 21e siècle, il n’hésite pas à se servir des urnes pour s’offrir une façade démocratique.

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Une dictature voilée

D’autres manifestations ont suivi celle de 2014 dont celles de 2017 entraînant, cette fois-ci le décès de 125 personnes. La population en avait effectivement marre de la dictature à peine voilée dont faisait preuve Nicolas Maduro et a exigé son départ immédiat.

Pour rétablir un semblant de calme, le président s’est lancé dans l’organisation d’un simulacre d’élection dont tous savaient déjà à l’avance quelle en serait l’issue. Il faut savoir qu’avant même d’organiser ces élections, le président a rejeté tous les votes de la Plateforme pour l’unité démocratique (MUD) qui avait pourtant la majorité au parlement et a élu une assemblée pour rédiger une nouvelle Constitution avec pour objectif de se servir de la loi pour rester plus longtemps au pouvoir.

L’opposition s’est toutefois opposée à ce scrutin organisé au mois de juillet 2017, mais Maduro s’est accroché à l’anticipation des élections et ce, malgré la demande de report ou de la suspension de la présidentielle émise par les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays d’Amérique Latine.

Le Venezuela en crise

Depuis que Nicolas Maduro est entré au pouvoir,

  • La production de pétrole du pays a chuté de 50 % or le Venezuela abrite l’une des plus importantes réserves de pétrole au monde avec une estimation de 302, 25 milliards de barils. Il est d’ailleurs l’un des deux pays de l’Amérique Latine à être membre de l’OPEP. Au mois d’avril pourtant, le pays n’enregistrait plus que 1, 5 millions de barils par jour, la plus basse production enregistrée depuis trente ans
  • Le manque criant de devises dû à la chute des revenus du pétrole a plongé le pays dans une crise importante causant le départ de centaine de milliers d’habitants
  • Le PIB a fondu de 45 % en cinq ans. Le FMI va même jusqu’à anticiper une contraction de 15 % à la fin de cette année 2018 avec une inflation de l’ordre de 13 800 %
  • Le salaire minimum mensuel a connu trois augmentations depuis le mois de janvier
  • Le pays souffre d’une importante pénurie de médicaments
  • Les coupures d’eau et d’électricité s’intensifient
  • Le taux de pauvreté est de 87 %, mais le gouvernement le déclare à 23 % pour embellir la réalité
  • Le taux d’homicides a grimpé jusqu’à 89 pour 100 000 habitants

Autant dire que dans le pays, rien ne va plus et alors même que les habitants veulent du changement, notamment de gouvernement, aucun n’a été dupe des résultats des élections de dimanche. Tous savaient à l’avance que Nicolas Maduro ne peut qu’en sortir vainqueur, exposant la population, à six ans de dictature et de crise supplémentaire.

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Des élections frauduleuses

Dans le monde, il y a des pays où les urnes ne sont qu’un moyen « légal » pour au final garder le pouvoir. Le Venezuela en fait partie et les élections de dimanche l’ont confirmé. En effet, à l’issue du dépouillement, le président sortant est sorti vainqueur avec 67, 7 % des voix.

Même si les habitants se sont résignés, dès le départ, à ce qu’il en sera et même si 53, 9 % d’entre eux n’ont pas voté, Henri Falcon, le principal concurrent de Nicolas Maduro conteste ces résultats qualifiés de frauduleux par le monde entier. Il exige alors que ces résultats soient annulés et que de nouvelles élections se tiennent au mois de décembre, comme ç’aurait dû être depuis le début. Javier Bertucci, un autre candidat aux élections soutient Henri Falcon dans cette voie.

53, 9 % d’abstention aux urnes

Dimanche, les 16 millions de Vénézuéliens ont tous été invités aux urnes pour voter. Les 53, 9 % d’entre eux ont toutefois refusé de se prêter à ce simulacre étant donné que depuis le début, l’organisation du scrutin n’avait rien de légale.

Il faut effectivement souligner que le gouvernement a refusé la participation de deux candidats, qu’il savait être de grands opposants au chavisme. De même, la principale coalition d’opposition n’a pas pu participer au scrutin suite à une interdiction du gouvernement. Seuls Henri Falcon et Javier Bertucci ont été acceptés.

Le carnet de la patrie

A cela, il faut ajouter le fameux « carnet de la patrie » distribué de maison en maison, durant la « propagande ». Il s’agit d’un petit bonus qui leur permet d’accéder à une meilleure vie et là, le système Maduro a fait sensation. En effet, par temps de crise, la plupart des habitants a foncé tête baissée dans ce système espérant accéder à une meilleure vie jusqu’à leur retraite.

Le coup de maître c’est que tous ceux qui ont voté dimanche ont été invités à se présenter avec leur carnet sous des tentes baptisés « points rouges » pour percevoir une aide. Bien sûr, les maduristes ne pouvaient pas savoir s’ils ont bien voté pour Maduro ou non, mais pour ceux qui y sont allés, il était inconcevable de voter pour quelqu’un autre pour ensuite bénéficier d’une prime. De plus, la peur d’être démasquée était plus forte et il n’y a aucun doute que cela ait pu influencer leur jugement.

Tous savaient à l’origine que ces points rouges seraient mis en place, mais normalement, ils devaient être implantés à 200 mètres des bureaux de vote. Même cela n’a pas été respecté puisque certains se situaient à seulement 30 mètres des bureaux de vote et dès la sortie de ces derniers, des volontaires se chargeaient d’escorter les électeurs vers les tentes. Un autre moyen qui a mis la pression sur les électeurs.

Et les coups bas ne se sont pas limités à cela puisque dans certains bureaux de vote, les points rouges étaient situés au sein même desdits bureaux et les carnets étaient minutieusement scannés pour mieux rappeler aux électeurs qui détenait le pouvoir.

 

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