Les géoglyphes de Nazca : les mystères du Pérou

 

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Les géoglyphes de Nazca : les mystères du Pérou

les géoglyphes de Nazca

Le Pérou avec ses anciennes civilisations vous fait rêver ? La meilleure manière de concrétiser ce rêve c’est de plier bagage et d’y aller. En attendant que cela soit possible, je vous propose une visite virtuelle de ses plus majestueux sites dont les géoglyphes de Nazca.

Qu’est-ce que les géoglyphes de Nazca ?

Les géoglyphes de Nazca sont une série d’anciens graphiques situés dans le désert de Nazca dans le sud du Pérou. Ils ont été classés par l’UNESCO en tant que patrimoine mondial en 1994. Le haut plateau aride s’étend sur plus de 80 km, entre les villes de Nazca et Pampas de Jumana, à environ 400 km au sud de Lima. Mais l’ensemble du site, lui, est bien plus vaste puisque s’étend sur environ 450 km². Rien de surprenant si on vous propose de le survoler afin d’avoir une vue globale. Vous ne pourrez d’ailleurs pas fouler ce sol sur lequel ont jadis vécus les Nazcas. Selon l’histoire, ils y ont vécu sur la période allant de 200 avant JC. à 600 après JC. Ce sont ensuite les Incas, qui ont envahi les lieux, qui ont fini par les y chasser.

Bien que certains géoglyphes locaux ressemblent à des motifs Paracas, les chercheurs pensent que les géoglyphes de Nazca ont été créés entre 500 avant JC et 500 après JC. Les centaines de chiffres individuels varient en complexité, depuis des lignes simples à des figures  stylisées.

D’où viennent les géoglyphes de Nazca ?

Les géoglyphes de Nazca

Un explorateur Américain nommé Paul Kosok, qui a fait sa première visite à Nazca dans les années 1940, a suggéré que les lignes étaient astronomiquement importantes et que la plaine est assimilée à un observatoire géant. Il les appelait « le plus grand livre d’astronomie dans le monde ».

Marie Reiche, l’archéologue Allemande qui a passé sa vie à étudier la civilisation Nazca, s’est aussi rangée sur cette conclusion. Elle affirmait aussi que la plupart des figures rappelle des constellations.

Gerald Hawkins, un astronome Américain, a testé cette théorie en 1968 en introduisant la position d’un échantillon de lignes dans un ordinateur et en concevant un programme permettant de calculer combien de lignes ont coïncidé avec un événement astronomique important. Hawkins a conclu que le nombre de lignes, qui étaient astronomiquement significatives, n’étaient que le fruit du hasard.

La meilleure théorie concernant ces lignes et symboles semblerait jusqu’ici être celle de Tony Morrison, l’explorateur Anglais. Par des recherches sur les anciennes traditions du peuple de la Cordillère des Andes, Morrison a suggéré que les symboles pourraient  avoir servi lors de cérémonies religieuses.

Cette dernière hypothèse rejoint la croyance populaire qui dit que ces dessins ont été tracés à l’intention des dieux pour qu’ils puissent les voir depuis le ciel. N’est-ce pas justement ce que l’on cherche à faire en les survolant ?

Et Johan Reinhard, l’archéologue Américain est aussi de cet avis. D’après ses recherches, il est venu à la conclusion que les lignes ont été tracées dans un contexte religieux et plus précisément pour invoquer les dieux de l’eau. Notons que la région est particulièrement aride depuis toujours. Les dessins auraient alors été tracés pour invoquer leur clémence.

Astronomie ou religion, les deux théories se tiennent puisqu’on sait depuis toujours que les civilisations précolombiennes avaient des connaissances astronomiques très poussées dont une grande majorité nous échappe aujourd’hui encore. Et on sait aussi que leurs études astronomiques étaient étroitement reliées à leurs religions et à la vénération des dieux. Aucune hypothèse n’a toutefois été validée jusqu’à aujourd’hui. En effet, même si les sites précolombiens du Pérou font l’objet de nombreuses études depuis des décennies, le mystère qui les entoure reste complet. Et c’est justement cela qui leur donne tout leur charme.

Combien de dessins y trouve-t-on en tout ?        

Vu l’immensité du site, on y trouve des centaines de géoglyphes dont certains n’ont été découverts que récemment. Parmi eux, certains sont plus marqués que d’autres. Il y en a même plusieurs qui sont invisibles à l’œil nu, mais que les moyens de détection modernes ont permis de détecter.

Selon les scientifiques qui œuvrent toujours sur les lieux, les géoglyphes de la région de Nazca peuvent être classés en deux catégories : les dessins de type A et les dessins de type B. Après observation des différences entre eux, ils sont venus à la conclusion que les types B sont plus anciens encore que les types A. Ils pensent alors que les géoglyphes de type A sont bien les œuvres des Nazcas tandis que les dessins plus anciens sont les œuvres des Paracas qui les auraient réalisés sur la période allant de -500 à 200. Les Toparas y auraient également apporté quelques influences. Ce qui est sûr c’est que les géoglyphes de type B sont très peu visibles et d’ailleurs, leur recherche continue. Rien qu’en 2019, plus de 140 dessins ont été découverts grâce aux technologies modernes utilisées actuellement.

Pour en revenir aux géoglyphes réputés, qui ont fait la renommée du site, on en compte une dizaine. A l’est de la route panaméricaine qui traverse désormais le site, on trouve le Héron et le Perroquet. A l’ouest, on trouve l’Araignée, l’Arbre, la Main, le Lézard (dont les pattes arrière sont écrasées par la route), le Colibri, le Condor, l’Astronaute, la Baleine, le Singe, le Compas, les Trapèzes et le Chien. Ces derniers sont tous classés de type A vu leur taille qui atteigne les plus de 100 mètres. Les types B, quant à eux, sont longs de 50 mètres tout au plus avec des petits dessins de moins de 5 mètres pour certains.

Les lignes de Nazca

Les figures représentées par les géoglyphes ont également été dessinées sur des poteries découvertes sur le site. On pense alors que ces figures font partie du panthéon religieux des Nazcas.

Comment les découvrir ?

La meilleure manière de les admirer c’est de les survoler. D’une vue globale, un survol rapide dure environ une demi-heure.

De nombreuses agences de voyages proposent une large gamme de vols palpitants à destination des  géoglyphes de Nazca, à partir des villes de Pisco, Nazca et Ica. Et à partir de l’aéroport de Nazca, vous pourrez également trouver des vols à destinations multiples : géoglyphes de Nazca et de Palpa. Indépendamment du type de vol que vous choisissez, il est fortement recommandé de faire les réservations longtemps (au moins un mois) à l’avance, la région attirant chaque année de plus en plus de visiteurs. Les vols à destination des géoglyphes de Nazca de Pisco et Ica sont soumis à une très forte demande et leur disponibilité est limitée. Il faut aussi savoir que les vols ne sont pas toujours possibles, car dépendant des conditions météorologiques.

Profitez d’un voyage privé d’une journée complète au départ de Lima. Vous voyagerez à Ica et prendrez un vol de 1,5 heure. Vous pourrez également en profiter pour visiter Huacachina, situé à proximité d’Ica, avant de retourner à Lima. Généralement, tous les services sont effectués par avion privé et vous serez toujours accompagné par un guide touristique.

Et si vous avez le mal de l’air, quelle alternative vous reste-t-il ? Vous n’avez qu’à vous rendre à la tour d’observation ou Mirador qui se situe à 20 km au nord de Nazca. On vous l’accorde, le site n’est pas assez haut pour admirer tous les dessins, mais il vous donne quand même une vue assez claire de quelques-uns d’entre eux comme le Lézard aux pattes écrasées, l’arbre qui est tout près de la route ainsi que les mains qui bordent aussi la route. Pour se rendre sur le site de l’observatoire, il vous suffit de prendre le bus qui y mène.

Il faut souligner qu’il est impossible de voir les géoglyphes tout simplement en marchant sur le site. Vue d’en bas, vous verrez seulement des lignes sans importance et sur lesquelles il est strictement interdit de marcher. Ce n’est qu’en prenant de la hauteur que l’on peut admirer l’importance de ces dessins, pour la plupart gigantesques.

Comment les géoglyphes ont-ils été réalisés ?

Jusqu’à aujourd’hui, les scientifiques se demandent encore comment les anciennes civilisations ont pu réaliser des traits parfois continus sur plusieurs mètres. Certains traversent même les ravins et gravissent les collines sans que les lignes n’affichent des imperfections. Là encore, le mystère est entier et à la fois surprenant.

Ce qui est sûr c’est que pour laisser de tels traits, les Nazcas ont, semble-t-il, fait appel au carroyage. Les pieux que l’on a retrouvés sur le Grand rectangle semblent effectivement confirmer cette hypothèse. Une fois le quadrillage terminé, ils ont déblayé le sol. Pour ce faire, ils ont empilé les pierres noircies par le soleil sur chaque côté de chaque ligne pour laisser apparaître au milieu une terre plus claire. Les lignes ressemblent alors à des sillons que l’on a simplement bordés de pierres. Pour ne pas endommager les dessins en poussant par inadvertance les bordures, marcher sur le site est interdit.

Que voir aux alentours du site ?

Contrairement aux archéologues et aux locaux, on n’a pas souvent la chance de séjourner au Pérou. Il faut donc en profiter au maximum lorsqu’enfin, on peut y être. Avant ou après la visite des géoglyphes de Nazca, ne manquer donc pas de découvrir aussi :

  • La ville de Nazca :

Profitez d’une visite de la ville de Nazca pour vous plonger dans la culture et l’ambiance locales. Comme toutes les villes péruviennes, Nazca abrite une population chaleureuse et festive.

  • Le Cimetière de Chauchilla :

C’est le second site le plus important après celui des géoglyphes. Pour s’y rendre, il faut parcourir une distance d’environ 30 km au départ de la ville. Sur place, on découvre un cimetière qui selon les guides locaux, date de l’occupation Inca-Chincha vers l’an 900. On dit que ce site mortuaire a été utilisé par les générations successives pendant près de 700 ans.

Contrairement à ce que l’on peut penser, ce cimetière abrite encore de véritables dépouilles qui ont été enterrées là depuis plus de 1 000 ans. Le plus incroyable c’est que la plupart ont encore leurs cheveux et des restes de peau.

Selon les archéologues, les tombes ont été pillées par les huaqueros, mais ces derniers n’ont pas touchés aux corps. Leur conservation surprenante est, selon eux, issue du rituel funéraire jadis réalisé. Les corps étaient enveloppés dans du coton avant d’être couverts de résine et gardés dans des tombes d’adobe. Le climat sec du désert a ensuite contribué à les préserver comme il l’a fait avec les géoglyphes.

  • Cahuachi :

Il s’agit d’un site archéologique considéré comme le plus important centre de Nazca. Les spécialistes disent qu’il s’agit d’un lieu sacré au sein duquel de grandes cérémonies religieuses et des sacrifices ont autrefois été réalisés.

Grâce aux fouilles menées jusqu’ici, on a pu déterrer une grande pyramide et deux petites, mais il ne reste encore d’autres à découvrir. Le site abrite également un lieu appelé Estaqueria et un cimetière. En se rendant sur place, on peut découvrir des murs d’adobe conçus avec des troncs de huarango.

  • Les lignes de Palpa :

Ces dernières se situent dans les environs du site qui abrite les lignes de Nazca. En tout, on compte dans les 600 géoglyphes qui ont été dessinés bien avant ceux des Nazcas. Ce sont les types B dont on vous parlait plus haut et qu’on attribue aux Paracas.

Alors que les lignes de Nazca affichent des figures animales, pour la plupart, celles de Palpa se focalisent surtout sur les formes humaines. Les archéologues ont même découverts des figures qui, selon eux, représentent la « famille royale de Paracas ». Ces dernières, au nombre de huit, ont été alignées sur une colline alors que les lignes de Nazca sont toutes dessinées sur un sol plat.

Nazcas et Paracas ont toutefois un talent commun, celui de tracer des lignes parfaitement continues sur un sol irrégulier. Un musée a été ouvert sur place pour en dire davantage sur les géoglyphes de Palpa.

Et toujours en parlant de géoglyphes, ceux de Buena Fe sont aussi à découvrir. Ils sont moins visibles et moins intéressants, mais à voir quand même. Les touristes aiment s’y aventurer en fin de journée pour admirer le coucher du soleil.

  • Les ruines de Paredones :

Ces ruines se situent à seulement 2 km de la ville de Nazca. Au fur et à mesure des fouilles menées, on a découvert sur les lieux des bâtiments administratifs érigés autour d’une place centrale. Des entrepôts, un lieu de cérémonie, un tour de garde et d’autres édifices complètent le site.

  • Le Museo Didactico Antonini :

Ce musée permet d’avoir une vue globale sur la culture Nazca. Il abrite six salles qui exposent différents objets découverts dans la région. Parmi ses collections, on retrouve des artefacts découverts à Cahuachi, des textiles, des céramiques, une maquette des géoglyphes de Nazca ; des instruments de musique, des reproductions de peinture rupestres de Huayhua et même des reconstitutions de tombes avec une mise en scène des enterrements, tout cela en taille réelle.

A l’extérieur du musée, on découvre un jardin au sein duquel on peut aujourd’hui encore admirer une partie de l’aqueduc de Bisambra. Cette structure témoigne également du talent des Nazcas, car grâce à cette structure, ils ont réussi à vivre et à cultiver les terres arides de la région.

  • Les aqueducs de Cantalloc :

Et quand on parle d’aqueduc, il ne faut pas non plus manquer de visiter ceux de Cantalloc. Ces derniers sont également les œuvres des Nazcas et contrairement à celui de Bisambra, on a ici affaire à des aqueducs souterrains dont certains atteignent les 12 m de profondeur. Là encore, c’est un ingénieux système qu’ils ont jadis utilisé pour transporter l’eau vers leurs terres arides. De nos jours, 30 sont encore en bon état et quelques-uns fonctionnent toujours.

C’est grâce à ces derniers que les habitants de la région peuvent toujours cultiver du maïs, du coton, des fruits, des pommes de terre … Ces galeries souterraines forcent vraiment l’admiration pour ces peuples qu’on a toujours du mal à connaître et qui, vraisemblablement sont bourrés de talent.

Selon les locaux, les aqueducs sont alimentés par un lac sous-terrain qui trouve sa source dans le Cerro Blanco. Le Cerro Blanco, quant à lui, est l’une des plus hautes dunes de sable au monde et la plus haute de toute l’Amérique du Sud.

  • Les établissements ouverts en hommage à Marie Reiche :

Marie Reiche a consacré sa vie à étudier la civilisation et la culture Nazca. Son nom est d’ailleurs connu à travers la région. Pour faire ses études, elle a longtemps vécu à Nazca. Après sa mort, sa maison a été transformée en musée empli d’histoire. Sur place, on découvre toutes ses notes, ses recherches, des croquis …

L’hôtel Nazca Lines a également ouvert un petit planétarium en son honneur. Tous les soirs, une projection sur le dôme du site est donnée pour admirer les lignes de Nazca et les différentes cultures précolombiennes.

Et si votre séjour vous semble un peu trop rempli d’histoires, terminez-le en beauté avec des virées en buggy ou en sandboard dans les dunes de la région. Les sites pour de telles pratiques sont nombreux comme les dunes du Cerro Blanco, le désert d’Usaka, …

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