La croissance boostée sur la côte Pacifique de l’Amérique Latine

Publié le: 22-01-2015

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(Mis à jour le: 22/01/2015)
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Si on avait dit cela il y a de cela trente ans, personne n’y aurait cru puisqu’à cette époque, l’Amérique Latine se composait de pays dirigés par des dictateurs, où les dettes s’accumulaient et où l’inflation augmentait au quotidien. Toutefois, depuis l’année 2000, cette mauvaise image a été remplacée par une image plus prospère, car c’est à partir de là que l’économie de la région a pris son envol. Dès lors, les populations s’enrichissent, une classe moyenne apparaît et l’inflation est de plus en plus maîtrisée. Après cette croissance qui s’est fait attendre, un ralentissement se fait ressentir depuis 2014 et ce, dans de nombreux pays de l’Amérique Latine.

Pourquoi ce ralentissement ?

L’économie de l’Amérique Latine repose sur sa production de matières premières. Sa croissance a été influencée par la croissance rapide de la Chine, principal client de la région. Tant que la Chine continuait à se procurer les matières premières de l’Amérique Latine, son économie était stable et a même rencontré un taux de croissance de 10 % en quelques années. Toutefois, depuis que l’économie de la Chine a accusé une baisse, le prix des matières premières ont commencé à chuter et le taux de croissance a suivi la tendance. Selon les estimations, en 2014 le taux de croissance s’élevait seulement à 1,3 % tandis qu’en 2015, il ne serait que de 2,0 %.

Un ralentissement au niveau mondial ?

Selon le forum économique mondial qui a dressé un classement des pays en termes de qualité des infrastructures, le premier pays de l’Amérique Latine qui affiche les meilleures infrastructures dans toute la région est le Chili qui se place pourtant à la 49ème place au niveau mondial. Vient ensuite le Brésil qui se situe à la 76ème place, puis le Pérou qui se situe à la 89ème place et le Venezuela qui arrive à la 121ème place.
Ce classement démontre que malgré les années prospères, les pays de l’Amérique Latine n’ont pas pensé à améliorer leurs infrastructures et cela joue aussi un rôle dans le ralentissement du taux de croissance, sans compter la baisse de l’investissement et des activités mondiales.

La chute des matières premières, première source du ralentissement ?

On ne peut dire s’il s’agit de la principale source du ralentissement de la croissance de l’Amérique Latine en 2015, mais en tout cas, cette baisse des matières premières aura d’importantes répercussions sur l’économie régionale. Ce qu’il faut savoir c’est que les conséquences sur chaque pays dépendront de la part d’exportation que chacun a. Si au Brésil, les exportations de matières premières ne représentent que 11 % de son PIB à cause de son économie fermée, elles sont plus importantes pour le reste de l’Amérique Latine comme le Chili (27 % de son PIB), le Pérou (25 % de son PIB), la Colombie (17 % de son PIB), et l’Argentine (13 % de son PIB).

Quelques pays prometteurs ?

Malgré ce ralentissement général, quelques pays de l’Amérique Latine continue à lutter comme le Mexique et le Pérou. En effet, les performances y sont meilleures et ces deux pays affichent même un avenir prometteur. La Coface a même qualifié le Pérou comme étant l’un des dix nouveaux marchés émergents et quant au Mexique, les efforts que son président a réalisés n’ont pas été vains.
Outre ces deux pays, le Chili et la Colombie se font également remarquer par leurs avancées. Doucement, mais sûrement, ces quatre pays de l’Alliance du Pacifique évoluent vers la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. Malheureusement, le reste de l’Amérique Latine ne compte pas vouloir les rejoindre et se murent même dans un protectionnisme qui ne les mènent nulle part.

L’Amérique Latine divisée ?

Oui, on peut aujourd’hui dire que l’Amérique Latine est divisée. D’un côté, on a l’Alliance Pacifique qui se dit prête pour la mondialisation et de l’autre, on a les pays protecteurs qui refusent tout changement.
Alors que l’Alliance Pacifique désire améliorer ses relations commerciales avec le reste du monde, la seconde moitié de l’Amérique Latine veut toujours se contenter des débouchés proposés par le marché Mercosur.

Les pays sur la côte Pacifique plus développés ?

Face à cette division, les investisseurs ne savent plus à quel bloc s’adresser. Ce qui est sûr c’est que les pays situés sur la côte Pacifique à savoir le Pérou, le Chili, la Colombie et le Mexique connaissent une croissance plus rapide que les autres. La Coface a même ajouté qu’ils évolueront encore plus au cours de cette année 2015.

Les secteurs d’activités en danger ?

Oui, à cause du ralentissement du PIB régional, certains secteurs d’activités sont en danger. Quelques secteurs sont plus exposés que d’autres. Ainsi, si les secteurs textiles, chimiques, constructions et métallurgiques sont plus exposés, les industries pharmaceutiques le sont moins. Quant aux secteurs agro-alimentaires, transport et commerce de détail, les risques sont plus modérés, mais sans solution rapide, cela pourrait empirer.
Il faut savoir qu’en 2013, la construction a traversé une crise au Mexique et Pérou, mais depuis, tout s’est arrangé donc aucune inquiétude de ce côté. C’est plutôt vers l’extraction minière qu’il faut se tourner, surtout en ce qui concerne le Pérou, où ce secteur rencontre des difficultés depuis quelques mois.

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