Ingapirca : découvrez le site archéologique d’Ingapirca en Equateur

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(Dernière mise à jour : 12/09/2018)

Situé dans la province de Cañar en Equateur, Ingapirca signifiant « muraille Inca » est le plus important site préhispanique du pays. En janvier 2018, le Musée dédié à ce site archéologique a été inauguré à Cañar. Zoom sur ce précieux vestige hérité des Cañaris et des Incas.

Le site archéologique d’Ingapirca

Ingapirca

Ingapirca trône à une altitude de 3 230 m dans la vallée de Cañar située dans le sud des Andes. Le Complexe couvre une superficie de 400 ha, ce qui fait de lui un site assez petit par rapport à ceux du Pérou. Toutefois, il n’en vaut pas moins puisqu’abrite un château dont la forme elliptique est sans équivalente dans tout le monde inca connu jusqu’à aujourd’hui.

Ce château affiche environ 37 m de long pour 13 m de large et 3, 5 m de hauteur. Les archéologues pensent qu’il s’agit d’un temple dédié au soleil. Son emplacement et sa forme stratégique qui permet d’avoir une vue à 360° sur toute la région pousse aussi à penser que ce bâtiment, voire tout le site, n’était pas qu’un simple lieu de culte. Il semble avoir occupé un rôle militaire, politique et scientifique durant l’occupation des Cañaris et avant que les Incas ne le transforment en temple.

A part le temple, on y trouve également des ruines d’habitations, d’anciennes terrasses, des routes pavées et d’autres structures en pierres dont la tête inca qui semble avoir été taillée dans la roche. Cette sculpture se situe à environ 100 m du temple comme pour indiquer la fin du territoire inca.

L’occupation Cañari-Inca

Canari-Inca

Les Cañaris ont été les premiers à avoir vécu sur le site vers l’an 500. Ils ont alors contribué à façonner les premières esquisses de ce village qu’ils ont petit à petit transformé en forteresse pour se protéger de l’invasion ennemie dont celle des Incas.

Ces derniers ont, maintes fois essayé de s’approprier le territoire, mais les Cañaris ont résisté pendant de nombreuses années. Ce n’est que sous le règne de Tupac Yupanqui que les Incas finirent par remporter la bataille obligeant les derniers Cañaris survivants à partir pour le Pérou. Quand son fils, Huayna Capac, le succède au trône, ce dernier ordonna la construction des bâtiments Incas dont le temple du Soleil.

Les Incas n’y vécurent que de 1487 à 1532 jusqu’à l’arrivée des colons Espagnols, mais ces quelques années leur ont permis de donner un nouveau visage au village des Cañaris.

Le Musée du site archéologique du Complexe d’Ingapirca

Musée du site archéologique

Ouverte au début de l’année 2018, cette institution regroupe en son sein, plus de 2 000 pièces issues du complexe dont des vases, des textiles, des récipients en céramique, des métaux, … Ces dernières témoignent du passage des Cañaris puis des Incas sur les lieux. Elles nous éclairent un peu, même si ce n’est que partiellement, sur la manière de vivre de ces anciennes civilisations. Cela ne se limite pas au monde religieux et aux rituels habituels réalisés par ces peuples, mais renseigne aussi sur leur habitudes alimentaires, vestimentaires et sur leur savoir-faire architectural.

Le Musée qui s’étend aujourd’hui sur quatre salles est le fruit du travail mené par l’Institut national du patrimoine culturel, le ministère de la Culture et du Patrimoine et le gouvernement de Cañar.

Pour donner toute son importance à cette institution, ces derniers ont également décidé d’y exposer des éléments ethnographiques se référant au Rucuyaya, une sorte de sage de la Sierra ou de grand-père et au Taita, le personnage tenant le rôle du père qui doit veiller sur sa famille et sur ses terres.

En tant que patrimoine national, la construction de ce musée s’est fait selon les normes en vigueur notamment en matière d’électricité, de sécurité et d’éclairage muséographique.

Par ailleurs, le musée ne fait pas qu’exposer, mais invite la communauté locale à participer à cette mise en avant de la culture cañari et inca. Pour l’inauguration, l’établissement a choisi la date de l’Inti Raymi ou Fête du soleil pour ouvrir ses portes au grand public.

Rappelons que pour les Incas et leurs descendants, l’Inti Raymi se déroule durant le solstice de juin. C’est à cette période que les peuples andins d’aujourd’hui célèbrent encore le Soleil ainsi que la Terre connue sous le nom de Pachamama. A part ces deux divinités, une autre figure divine vient compléter les croyances de ces populations, à savoir Viracocha, le dieu créateur.

Comment aller à Ingapirca ?

Ingapirca

Pour visiter ce site majeur de l’Equateur, il faut d’abord se rendre dans le village de Cuenca. Le trajet peut se faire en voiture privée, mais des bus effectuent quotidiennement des liaisons depuis la ville de Loja.

Pour information supplémentaire, le site archéologique d’Ingapirca se situe sur le fameux chemin de l’Inca, connu sous le nom de « Qhapaq Nãn » en Equateur et « Camino del Inca » au Pérou. Rappelons que ce circuit traverse d’autres pays de l’Amérique du Sud à savoir le Pérou, la Bolivie, la Colombie, l’Argentine et le Chili.

La petite ville de Cuenca

ville de Cuenca

Entre Cuenca et le site d’Ingapirca, il faut compter environ 90 km de distance soit environ trois heures de route en bus.

Avant d’aller à Ingapirca, nous avons pris le temps de visiter cette ville dont le centre colonial date du 16e siècle. Ici, le tourisme n’est pas beaucoup développé, mais c’est justement le côté authentique et un peu rustique de la région qui fait plaisir à voir. Durant toute une journée, le temps de récupérer du voyage de nuit depuis Loja, nous avons pris plaisir à gambader dans ses rues et ruelles.

Durant la visite, nous avons pu découvrir de magnifiques petites places, un trait caractéristique de l’occupation espagnole ainsi que de nombreuses églises. Parmi les principaux monuments de Cuenca, on cite :

  • la majestueuse cathédrale qui émerveille avec ses dômes d’un beau bleu. Derrière ce lieu sacré, nous avons atterris au marché des fleurs qui, à cette période de l’année, égaie la petite place avec ses couleurs vives et chatoyantes
  • le musée de la culture aborigène : cette institution regroupe plus de 5 000 pièces artistiques qui retracent l’histoire du pays depuis la civilisation Valdivia jusqu’à la civilisation Inca
  • la fabrique de chapeaux Panama : le Panama couvre bien des têtes pendant les beaux jours et même en hiver. Si vous en êtes également un amateur, sachez que Cuenca est connue à l’échelle internationale pour fabriquer ce type de couvre-chef. De nombreux pays en importent même depuis cette petite ville équatorienne donc puisque vous y êtes, faites comme nous et achetez-en quelques pièces. La visite des ateliers est aussi enrichissante, car nous avons pu observer les différentes étapes de la fabrication de ce chapeau. Notre seul regret : ne pas avoir eu assez de temps pour assister à la finition d’un modèle « extrafino » dont la confection dure six mois. Toujours en matière de chapeaux de Panama, les habitants de Cuenca nous ont indiqué un autre petit village qui se spécialise dans cet art, le village de Sigsig

Avant de regagner l’hôtel, une agréable promenade le long du Rio Tomebamba, bordé par des demeures coloniales a clôturé cette journée de visite.

Cuenca n’est peut-être pas une ville très touristique, mais son charme et sa tranquillité offrent un vrai dépaysement.

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